Yannick Hoppe · @yannickhoppe

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[𝐅𝐚𝐜𝐞 𝐚̀ 𝐥’𝐢𝐧𝐟𝐢𝐧𝐢𝐞 𝐯𝐢𝐨𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐚𝐧𝐭𝐢-𝐋𝐆𝐁𝐓𝐐𝐈𝐀+, 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐧𝐞 𝐝𝐞𝐯𝐨𝐧𝐬 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐜𝐞́𝐝𝐞𝐫 ! 🌈✊🏼] J’ai longtemps cru que certains combats étaient définitivement gagnés. Comme beaucoup de ma génération, j’ai vu des avancées que l’on disait impossibles devenir réalité. Le PACS. Le mariage pour tous. Une visibilité plus grande des personnes LGBTQIA+ dans la société, dans les institutions, dans la culture. Lentement, imparfaitement, la République semblait enfin reconnaître à chacune et chacun le droit d’exister librement. Mais aujourd’hui, quelque chose se fracture. Les violences LGBTQIA+phobes augmentent. Dans la rue, au travail, à l’école, dans les familles, sur les réseaux sociaux. Derrière les chiffres, il y a des visages, des humiliations, des solitudes, parfois des vies détruites. Je ne parle pas ici d’une réalité abstraite. Le 12 mai 2023, à Dijon, j’ai été agressé au couteau aux cris de : « Mort aux pédérastes ! ». Ce jour-là, la haine a failli me tuer. Et depuis, une question me poursuit : comment avons-nous laissé revenir un climat où de telles violences redeviennent possibles ? Car la haine ne surgit jamais seule. Elle prospère dans un environnement politique et médiatique qui banalise les discours réactionnaires, transforme les minorités en objets de polémique et présente nos existences comme des opinions discutables. Partout, les mêmes mécaniques sont à l’œuvre. Aux États-Unis comme en Europe, les personnes trans deviennent des cibles désignées. Des gouvernements légifèrent sur les corps et les identités. Des responsables politiques fabriquent des ennemis intérieurs pour nourrir les peurs et détourner les colères sociales. Même l’Union européenne hésite encore à interdire clairement les thérapies de conversion, pourtant condamnées par toutes les grandes organisations de défense des droits humains. Mais on ne soigne pas une identité. On ne corrige pas l’amour. Et pendant que certains débattent encore de notre légitimité à exister, ailleurs, la répression s’intensifie. Au Sénégal, les personnes LGBTQIA+ subissent des violences toujours plus brutales : arrestations arbitraires, humiliations publiques, exclusions, campagnes de haine alimentées par certains discours politiques et religieux. Nous aurions tort de croire que ces dynamiques sont lointaines. En France aussi, les signaux d’alerte s’accumulent. Voir des personnalités ayant combattu plusieurs avancées majeures pour les droits des femmes et des personnes LGBTQIA+ pressenties pour incarner des institutions censées protéger les libertés fondamentales dit quelque chose de l’époque. Les symboles comptent. Les mots comptent. Les renoncements comptent. Comme ancien élu local, j’ai appris qu’une démocratie ne se juge pas à la manière dont elle traite les plus puissants, mais à la façon dont elle protège ses minorités. Quand une société commence à expliquer que certains droits seraient « excessifs », ou « militants », elle prépare toujours autre chose derrière. Les libertés ne disparaissent jamais d’un seul coup. Elles s’érodent lentement, au fil des silences, des complaisances et des lâchetés. Alors aujourd’hui, il ne suffit plus de célébrer la diversité dans les discours officiels ou d’agiter des drapeaux une fois par an. Il faut choisir clairement de quel côté nous voulons être : ❌ du côté de celles et ceux qui organisent les peurs, instrumentalisent les haines et rêvent d’un ordre moral restauré ? ✅ ou du côté de celles et ceux qui défendent une société où chacun peut vivre, aimer et exister librement ? Je continuerai, pour ma part, à choisir ce second camp. Parce que les droits LGBTQIA+ ne sont ni secondaires ni communautaires. Ils touchent à l’idée même que nous nous faisons de la démocratie, de l’égalité et de la dignité humaine. Et parce qu’une République qui abandonne ses minorités finit toujours, tôt ou tard, par se trahir elle-même. 🏳️‍🌈🏳️‍⚧️ #LeCombatContinue #IDAHOT2026 #IDAHOBIT2026 #17mai