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Aujourd’hui, nous étions dans la rue. Et nous étions nombreux. Près de 1,6 million de manifestantes et manifestants partout en France dans plus de 180 cortèges : la journée la plus massive depuis le début du mouvement. Et pourtant, on a tout fait pour nous en empêcher. Ce matin, la Préfecture de police a coupé les RER et Transilien de la gare de Saint-Denis vers Paris. Des milliers d’habitantes et d’habitants privés de leur principal moyen de rejoindre le cortège. Une mesure générale, indiscriminée, disproportionnée, qui frappe toute une population au seul motif qu’elle vit en banlieue. Les quartiers populaires n’ont pas à être interdits de manifestation. Notre liberté de circuler, notre droit de manifester valent autant que ceux de n’importe qui dans ce pays. Cette fuite en avant autoritaire doit cesser. Parcours interdit, cortège relégué entre République et Nation, trains coupés : qu’importe. Le boulevard Voltaire était plein, et j’y ai marché avec celles et ceux de Saint-Denis–Pierrefitte qui ont trouvé le moyen d’être là malgré tout. Ce que nous sommes venus dire est simple. On ne vit pas avec des salaires gelés quand les loyers, les courses et l’énergie s’envolent. Dans nos quartiers, la vie chère n’est pas un indicateur économique : c’est le quotidien de chaque fin de mois. Ce soir, le pouvoir annonce une « conférence sociale ». Mais on ne répond pas à des millions de voix par une réunion de plus. On y répond par des actes : augmenter les salaires, protéger les locataires, financer l’école et l’hôpital. La rue a parlé. Elle reparlera, toutes et tous ensemble, sans distinction de territoire.